Je ne voulais pas vous faire pleurer / Charlotte Monnier. Slalom, 2020. Public conseillé : Adolescent

[SP] Je remercie infiniment NetGalleyFrance et les éditions Slalom pour m’avoir permise de découvrir ce livre.

RÉSUMÉ : ( de l’éditeur)

Julie-Anne a 15 ans quand ses parents la déposent dans un hôpital psychiatrique pour adolescents. Anorexique, son poids est trop faible pour qu’elle puisse mener l’existence d’une jeune fille de son âge dans le monde extérieur. Elle doit prendre 7 kilos pour pouvoir sortir de l’hôpital et surtout, retrouver sa famille. Commence alors pour elle un long parcours, « enfermée » dans cette unité d’hôpital psychiatrique pour adolescents. Il va falloir s’y faire et malgré tout, s’y amuser. Mais elle va surtout y trouver un tout nouveau sens à sa vie grâce à des rencontres, les échanges avec sa meilleure amie, et… une passion inattendue.

MON AVIS :

Anorexique un mot en 10 lettres, un mot qui fait peur et qui peut mener à la mort. L’anorexie est un trouble du comportement alimentaire qui touche majoritairement les jeunes filles et les femmes. Mais ne nous attardons pas, dans ce livre le lecteur ne sera pas confronté à la souffrance de l’adolescent.

Ici nous sommes dans l’envers du décor : dans un hôpital psychiatrique, plus précisément dans une unité pour adolescents. Julie-Anne a la chance d’avoir autour d’elle des amis et une famille aimante. C’est sa sœur aîné, Marine qui va lancer l’alerte car elle n’en peut plus de la voir se détruire, de cette manière. Sous la pression de ses parents et de sa sœur, Julie-Anne accepte de se faire interner. Oh l’adolescence, l’âge ingrat : le passage obligé pour atteindre l’âge adulte. Mais en vérité est ce qu’on est prêt à franchir cette étape quand on a seulement 11 ans et que l’on voit débarquer ses premières règles. Pas vraiment, je pense… Je peux imaginer le traumatisme qu’a pu vivre Julie-Anne. Toute sa jeune vie va être chamboulée, car elle n’accepte pas les changements qui s’opèrent en elle. Tout va trop vite, ce corps, elle ne l’aime pas et elle veut le détruire. Pourquoi elle et non pas sa sœur son aîné de 2 ans, c’est ce qu’elle se demande intérieurement. Elle se questionne, cherche des réponses … C’est fort et violent,ce qu’elle va faire vivre à son corps durant des années, ce corps qui pour elle est synonyme de féminité et de convoitise pour les hommes. Julie-Anne n’est pas prête à devenir adulte et elle va devoir apprendre à le devenir. Son personnage m’a bouleversé, j’avais envie de la prendre dans mes bras, de la rassurer et de lui dire que ça va aller. Le fait que l’histoire soit écrite à la première personne nous permet de nous identifier facilement au personnage. Les émotions sont palpables, j’ai ressenti sa fragilité et sa détresse.

Ce livre est court et il est bien écrit. La plume est juste et fluide. J’ai ressenti tout le vécu derrière. Avant d’entamer la lecture, je ne connaissais pas l’auteure puis je me suis documenté. Ce que j’ai appris, ne m’a pas surprise. Sans tomber dans le pathos,Charlotte Monnier a su mettre les mots et le ton pour nous faire vivre le quotidien d’une adolescente en rupture et qui a besoin d’être aidé.

Il va y avoir un déclic,un élément déclencheur et tout va basculer pour Julie-Anne car c’est à ce moment là qu’elle se rend compte de l’atrocité qu’elle fait vivre à ses proches et à elle-même. ( Je vous laisse le soin de le découvrir) J’ai été touchée par le réalisme du personnage qui a la volonté d’aller mieux et de reprendre sa vie en main malgré ses doutes.

C’est un long processus qui va commencer alors pour elle, pour atteindre ces fameux 7 kg, synonyme de retour à la vie normale. Ce combat, elle ne le livrera pas seule. Elle va rencontrer des petites étoiles pendant tout son parcours, qui vont lui permettre d’avancer, d’aller mieux car c’est quand même ça le plus important. Un combat qui va être long mais enrichissant par les expériences vécues des uns et des autres. Le personnel médical n’est pas en reste; il réalise un travail exemplaire auprès de ces jeunes en marge de la société, qui n’ont plus goût à rien et je leur lève mon chapeau. Tout ceci est fait dans un climat de bienveillance et de respect.

Ce livre est une ode à la vie, avec un beau message d’espoir. C’est un livre magnifique et bouleversant à découvrir. Je suis juste un peu déçu par la fin qui me laisse un goût d’inachevé. C’est une fin ouverte qui laisse au lecteur la possibilité d’imaginer la fin qu’il souhaite, personnellement j’aurais aimé que l’auteure me livre la sienne.

« Maintenant et pour un moment, ici c’était chez moi. Et bien sur que non, personne ne souhaite vivre dans un hôpital psychiatrique. Personne. »

EN BREF :

Ce livre est une belle découverte et je le recommande fortement à un public adolescent souvent mal dans sa peau et incompris. « La vie vaut la peine d’être vécue ».

Article rédigé par Isa.