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Le cimetière des mots doux. Agnès Ledig & Frédéric Pillot / Albin Michel Jeunesse, 2019
Public conseillé : A partir de 5 ans

Résumé :

Agnès Ledig, avec la sensibilité et l’empathie qui la caractérisent, raconte par la voix d’une petite fille, Annabelle, le parcours de Simon, son amoureux atteint de leucémie, et les émotions qu’elle ressent. Avec des mots simples et justes, Agnès Ledig aborde un sujet très difficile, la mort d’un enfant malade et l’indicible chagrin de son amie.

Cette histoire poignante– qui suit la trame de son dernier roman adulte Dans le murmure des feuilles qui dansent – permet en douceur d’appréhender, en famille, cette notion délicate. Elle a aussi pour vocation d’offrir à l’enfant concerné par la mort d’un proche, un outil concret pour vivre le deuil et apprivoiser le chagrin : un geste symbolique, ici les mots doux qu’Annabelle écrit et va ensuite déposer dans la forêt qu’aimait Simon. Dans une nature à la fois poétique et puissante, la vie est plus forte que tout.

Mon avis :

Annamabelle, de son petit nom, et Simon sont amoureux. Il aime à l’appeler ainsi et à l’écrire partout à l’école ou lors de leur balade dans la forêt. Deux petits camarades de classe réunis par beaucoup de points communs.

Un jour, Simon laisse sa chaise d’école vide, pour de longues semaines, annonce alors la maîtresse. Simon est malade. Dès les premiers instants, il manque déjà à Annabelle, « et personne ne savait à quel point. ». Puis s’ensuit l’absence, le vide laissé, les visites interdites aux enfants et les nombreux petits mots doux qu’Annabelle fait parvenir à Simon pour le réconforter à l’hôpital. Jusqu’au jour de l’horrible nouvelle.

Car en effet, ce sont bien les thématiques de la maladie, la mort et du processus de deuil qui sont abordées sans détours dans cet album, celle d’un camarade de classe. Une approche qui est peu répandue dans la littérature jeunesse. Une histoire écrite avec beaucoup de sensibilité, de simplicité et de justesse par l’auteur. Le texte résonne telle une mélodie, un poème d’où émane la mélancolie des souvenirs. Et surtout, le plus important à mon sens, un album à hauteur d’enfant plein de délicatesse. C’est un bon moyen d’aborder et d’instaurer le dialogue sur ce sujet douloureux avec des mots simples sans rien cacher.

Les illustrations de Frédéric Pillot sont magnifiques, réconfortantes et teintées de douceur. Elles sont un véritable apport pour la lecture de l’enfant au travers de petits détails touchants. Le livre se conclut par un texte à destination des adultes, rédigé par Agnès Ledig et Rogeria Rodrigues, psychologue, pour accompagner « sur le chemin de l’apprentissage et de l’authenticité »

En bref :

Un bel ouvrage délicat par le thème abordé mais aussi par son texte et ses illustrations. Cet album m’a émue au point d’avoir les larmes aux yeux. Un coup de cœur ! Sans hésitation, je le recommande.

*Do*