On ne touche pas. Ketty Rouf / Albin Michel, 2020. Public conseillé : Adulte

Rentrée littéraire 2020

RÉSUMÉ

Joséphine est professeur de philosophie dans un lycée de banlieue à Drancy. Elle cherche un sens à sa vie car elle ne se plait plus dans son métier. Elle décide alors de prendre des cours de danse et plus précisément d’effeuillage car elle n’est pas mal à l’aise dans sa peau. La nouvelle Joséphine « in progress »

MON AVIS :

Ce livre est une belle surprise. Waouh, quelle claque, je me suis prise. C’est d’une beauté tant pour l’écriture que pour l’histoire. Les phrases sont courtes, efficaces et percutantes. C’est beau, sensuel et magnifiquement écrit. Les mots sont crus mais sans aucune vulgarité. Pour son premier roman, Ketty Rouf a choisi de mettre en exergue les difficultés rencontrées dans le milieu scolaire tels que : les conditions de travail des enseignants, les rapports avec les élèves, le fait que les enseignants ne sont pas assez soutenu par leur hiérarchie en cas de souci : la dure réalité du métier, hélas. En parallèle, l’auteure nous parle du monde de la nuit fait de paillettes, de strass et de dessous affriolants. Un monde victime encore aujourd’hui de préjugés.

« Il faut bien s’accrocher à quelque chose, et quoi de mieux que de s’accrocher à soi-même ?« 

Nous avons donc Joséphine, mal à l’aise dans son corps, qui se camoufle pour aller travailler. Elle en peut plus de cette vie là et cherche une échappatoire, un moyen d’exister. Elle rêve juste de liberté ! J’ai ressenti tout son mal être et cela rend son personnage attachant. J’ai été envahi par pas mal d’émotions. Elle veut se sentir utile, faire ce qui lui plait, se sentir femme, être désirée et convoitée par les hommes. J’ai trouvé qu’elle avait tout de même une sacré dose de courage pour faire ce qu’elle fait. Personnellement, j’ai compris les choix de Joséphine et elle les fait avec élégance. Ce livre est une ode à la féminité et à sa sexualité. Il est plein de réalisme et il m’a beaucoup touché : C’est un gros coup de cœur ! C’est un roman qui aborde l’acceptation de soi, les préjugés, le désir de liberté et l’amitié (il y en aura une de belle, d’ailleurs)

Joséphine va apprendre à se réconcilier avec son corps, elle et son corps ne feront qu’un. C’est elle qui est aux manettes : qui charme et donne du désir. Joséphine ou plutôt Rose-Lee revit et se dévoile la nuit.

« C’est en regardant, leurs imperfections que j’ai eu le courage de considérer les miennes. Le corps, c’est notre histoire, il faut écouter nos mollets tendus sur les talons nous offrant le petit vertige, le peau transfigurée dans l’instant d’oubli qui nous prend, toutes, comme une ivresse : »demain je change de vie ».

EN BREF :

Ce roman est une réussite et il est à découvrir d’urgence !